La forêt communale de Lutzelhouse


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Promenade en forêt avec le Club Vosgien,cliquer ici.
Origines de la forêt.
La forêt communale de Lutzelhouse faisait originairement partie de la Marche commune que les sept communes du Val de la Bruche possédaient en indivision avec le chapitre Episcopal de Haslach.Elle constitue la part de la Commune de Lutzelhouse lors du passage de la forêt sanctionné par une ordonnance royale en 1843, après une longue expertise et de nombreuses contestations.
Contenances - limites
La contenance totale du domaine soumis au régime forestier est de 582,11 ha, à cette contenance il faut ajouter 77 ares d'acquisitions nouvelles en 2001 provenant de l'achat de plusieurs parcelles appartenant à des particuliers. Nouvelles contenances fin 2001 : 582,88 ha.
Contenu en 2001
La forêt de Lutzelhouse forme une série unique traitée en futaie régulière de sapin pectiné ( 17% ), épicia (25% ) , pin sylvestre (17%) , douglas (26%) ,mélèze (2%),chêne sessile (2%) , hêtre (7%) , frêne (3%), et le chêne rouge (1%).
Exploitation 2002
L'année 2002 pour la forêt de Lutzelhouse sera une année noire car pour la première fois de son histoire
elle fera apparaître un déficit d'exploitation (compensé heureusement par les excédents des deux année précédentes)
Cette situation étant la conséquence prévisible de la casse historique de décembre 1999 qui durant les
années 2000 et 2001 ont apporté sur le marché des quantités exceptionnelles de bois.
Toutefois malgré cette situation, l'ensemble du nettoyage ainsi que le dégagement nécessaires à la bonne
santé de notre forêt ont été effectués.
Malheureusement, comme vous avez pu le constater nous avons négligé les travaux de routes afin de ne
pas aggraver notre déficit en espérant que 2003 sera meilleure et que nous pourrons enfin retouner vers une situation normale
pour l'exploitation et la gestion de notre patrimoine forestier.
Topographie :
Altitude extrême de 280 m à 1010 m.
Altitude la plus fréquente : de 400 m à 500 m.
Pente extrême de 0 à 95 %.
Pente la plus fréquente : de 30 à 40 %.
Climat
Climat de transition entre le type océanique des Hautes Vosges (partie haute de la forêt) et le type continental de la plaine d'Alsace (partie basse).
Pluviosité : de 1200 mm (partie basse) à 1400 mm (partie haute) , avec en général deux périodes plus sèches : début du printemps (mars - avril) et début de l'automne (septembre - octobre).
Neige : de décembre à Avril , avec des variations assez importantes : neige rare ces deux dernières années, en moyenne 27 jours d'enneigement (bas de la forêt) à 50 jours par an (partie haute) , avec des hauteurs maximales par mois qui peuvent atteindre 70 cm.
Températures : moyenne annuelle : 9° (partie basse) et 6° (partie haute) avec des extrêmes assez importants ( de - 20° à plus 35°).
Gelées nombreuses pouvant occasionner des dégâts aux floraisons et aux jeunes pousses sous forme de gelées tardives ( mois de mai), voir des pluies verglaçantes catastrophiques comme en 1979.
Vent: vent dominant du sud-ouest,souvent violent, chablis relativement importants.
Bilan année 2005 effectué en forêt de Lutzelhouse.
Total coupe en bois vert 1996 m3, prix moyen vendu 45€
Bois scolytés (vèreux) 989 m3, prix moyen vendu 7.95 € (prix net de vente après exploitation pour une entreprise privée)
Principaux travaux en 2005.
9000 arbres ont été replantés ; environ 15 ha de plantations ont été dégagés et nettoyés. L'exploitation forestière est effectué par les bûcherons du syndicat intercommunal de Haslach qui emploie à ce jour 14 personnes.
Le marché du bois semble s'améliorer en cette fin d'année, malgré cela, le résultat de 2005 permettra uniquement à couvrir les frais afin d'assurer la pérénité de la forêt pour les années à venir.
Composition par essence en 2005.
Epicéa 25%                     Chêne sessile 4%
Douglas 20%                    Feuillus divers ** 1%
Sapin 21%                        Vide en cours de reboisement 5%
Pin sylvestre 12%              Vides non boisables 3%
Résineux divers * 1%         * Mélèze
Hêtre 8%                          ** Chêne rouge, frêne, érable sycomore, charme

La forêt, bilan 2010.
Malgré une hausse de 15% en moyenne du prix du bois, l'équilibre financier du budget forestier nous oblige à rester prudent.
En effet, les recettes du bois nous permettent de financer l'entretien des forêts, les plantations, les routes et la maison forestière. Seul le revenu de la location de la shasse est transféré au budget général.
Notre politique communale en gestion de forêt est de conserver, voire d'améliorer, notre patrimoine forestier en limitant les coupes tout en équilibrant notre budget.
Le conseil municipal remercie notre agent technique forestier Didier Dretsch, l'équipe de bûcherons et tous les intervenants en forêt pour les conseils qu'ils nous apportent durant l'année.
Recettes 2010 de 164.214 € (excédent précédent 24.888 €)
Principales dépenses : Exploitation 73.984 € Routes 15.000 € Entretien bois 20000 €
Entretien maison 5.178 € Frais ONF et Maîtrise d'oeuvre 10.050 €
Forêt indivise des 7 communes (altitude entre 800 et 999m)
Les communes de Dinsheim, Heiligenberg, Lutuzelhouse, Niederhaslach, Oberhaslach, Still, Urmatt sont propriétaire en indivision de la forêt. L'indivision est administrée par un Conseil Syndical, réunissant des représentants de chacune des 7 communes, sous la présidence de Monsieur le Maire d'Urmatt.
La forêt est classée en zone d'action prioritaire pour l'application de la Direction de Gestion concernant les forêts à Grand tétras du massif vosgien.
Contenace et limites.
La surface cadastrale de la forêt est de 89 ha 86 a et 01 ca.
L'ensemble de la forêt est situé sur deux parcelles cadastrales dont la désignation est la suivante :
Territoire communal de Lutzelhouse : -section 17, parcelle 1 : 72 ha 34 a 12 ca
                                                        -section 18, 17 ha 51 a, 89 ca.
L'actuelle forêt indivise des sept communes est une petite partie d'un vaste ensemble forestier couvrant les térritoires des sept communes.
Ce vaste ensemble constituait jadis une unité seigneuriale, dont l'Evêque de Strasbourg devint propriétaire dès le VIe siècle.
Du XIIe au XIIIe siècle, l'Evêque entreprit d'implanter des colons dans la forêt. Pour les attirer et les retenir, il leur accorda d'importants droits d'usage, puisqu'ils pouvaient librement chercher du bois et mener leurs bêtes dans la forêt, propriété da l'Evêché.
Dès la fin du XIVe siècle, profitant des crises politiques et financières traversées par l'Evêché, les anciens usagers ont progréssivement conquis une autonomie quasi-complète par rapport à l'ancien propriétaire.
C'est ainsi que finalement dès 1580, les habitants sont devenus les véritables propriétaires de la forêt, en indivision avec le Chapitre de Haslach reste d'ailleurs obscure. Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les habitants exploite la foêt quasi librement, sous la surveillance très imparfaite de leur propre "Conseil", dont l'origine et l'organisation restent floues, mais qui peut être considéré comme l'ancêtre de l'actuel "Conseil syndical".
A partir de 1670, l'Evêché revendique à nouveau un droit de propriété, mais la copropriété entre le chapitre de Haslach et les 7 Communes est confirmée par jugement.
En 1692, l'Evêché crée une "maitrise des eaux et forêts" à Mutzig, qui exerce la régie de la forêt. A partir de là le Conseil perd progressivement son pouvoir, au profit du Grand Maître des Eaux et forêts. Ce dernier organise dès 1710 les 1ères adjudications de coupes. Encouragé par l'augmentation du prix des bois, des coupes massives sont entreprises. A cela s'ajoutent des défrichements pour mise en culture, souvent sources d'incendie de forêt. La forêt tend donc à s'appauvrir considérablement : un bilan effectué en 1763 constate que les 2/3 de la surface sont alors improductif.
Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, l'intendance d'Alsace, dépendant du Roi, s'empare de la régie de la forêt. Les intendants introduisent enfin l'idée que l'exploitation de la forêt doit s'appuyer sue sa capacité de production et non sur les droits des usagers.
Dans la pratique ils limitent la liberté des usagers, augmentent le nombre de forestiers pour assurer une surveillance plus éfficace, procèdent à l'arpentage de la forêt et dès 1763 appliquent le principe du quart en réserve. Compte tenu de la surexploitation antérieure de la forêt, c'est en fait 1/3 de la forêt qui doit être mis en réserve
Le résultat le plus immédiat de cette gestion rigoureuse est une importante baisse des revenus des propriétaires, qui tentent de s'opposer à l'Intendant, mais n'ont de fait plus aucin pouvoir. La crise provoquée par la baisse des recettes, qui suffisent à peine à couvrir les frais de la nouvelle Administration Forestière, va entrainer le morcellement de la grande forêt indivise. Les chanoines du Chapitre de Haslach demandent les premiers le partage. Ce partage ordonné par un arrêt du Conseil d'état de 1783, ne fut réellement terminé qu'en 1833, après de longues négociations, procès, et expertises.
Le partage laissait dans l'indivision les sommets couverts de chaumes, qui à l'époque, ne pouvaient apporter aucun revenu forestier mais étaient utilisés comme pâturages. Suite à l'abandon du pâturage, la plus grande partie de ces anciens chaumes a été reboisée d'abord naturellement en sapin, puis artificiellement en épicéa dès la fin du siècle dernier, et contitue aujourd'hui "la forêt des 7 communes". L'indivision continue d'être administrée par un "Conseil" réunissant des représentants des 7 communes sous la présidence de Monsieur le Maire d'Umatt.

Plan de la forêt de Lutzelhouse.



  • La tempête LOTHAR.

    LOTHAR est le nom donné à la tempête qui a dévasté dans la journée du 26 décembre 1999 les forêts de France, causant des dommages sans précédent, avec des vents jusqu'à 259 km/h. La dépression a touché le Finistère à environ 2 heures du matin, et Strasbourg à 11 heures.
    La tempête s'est donc déplacée à environ 100 km/h.
    Avec l'ouragan "Martin" des 27 et 28 décembre 1999, c'est un huitième de la forêt française qui a subi des vents supérieurs à 140 km/h. En forêts publiques, gérées par l'ONF, ce sont 144000 hectares qui ont été détruits, avec 45 millions de m3 de chablis (arbres reversés, cassés).
    En Alsace, la forêt publique, forêt domaniale et forêt communale, a été couchée à hauteur de 20 m3 par hectare. En forêt communale de Lutzelhouse on compte 17700 m3 de chablis, y compris les épicéas scolytés pour 1900 m3, ce qui représente 30 m3 par hectare. Environ 41 ha de forêt ont été significativement touché, soit environ 7% de la surface totale. Les scoytes, souvent appelés par erreur bostryches, sont des coléoptères qui sont attirés à l'âge adulte par les hormones de stress dégagées par les épicéas malades ou déshydratés. Ils se développent entre l'écorce et le bois, ce qui entraîne la mort de l'arbre.
    Les arbres les plus touchés en forêt communale par Lothar sont par ordre d'importance le sapin, l'épicéa et le pin sylvestre.
    Les chablis récoltés dans les mois qui ont suivi la tempête représentent cinq année d'exploitation. Et après l'exploitation de ces bois, il a fallu panser les plaies, avec deux itinéraires possibles pour reconstituer la forêt : la plantation et la régénération naturelle, choisis en foction de la taille de la trouée, de la présence ou non de semenciers à proximité, et du type du sol.
    Concernant la forêt communale de Lutzelhouse, nous prendrons quatre exemples :
    Les parcelles 3,4,14, et 16 au niveau du Chêne de la Vierge.
    Les parcelles 19 et 20 au sud-est du croisement routes forestières et baraque des Juifs.
    La parcelle 26 au sud du lieu-dit du Lumpenstock.
    Les parcelles 19 et 20 au nord de la route forestière de la carrière.

    La troué du Chêne de la Vierge a été plantée avec 4000 plants de Douglas.
    Les parcelles au nord de la route forestière de la carrière ont également été plantées, avec 2250 mélèzes d'Europe, 550 hêtres et 2000 épicéas.
    Pour les autres trouées, la régénération naturelle s'est installée : pins sylvestres, mélèzes et hêtres pour les pacelles 19 et 20.
    Sapins et épicéas pour la parcelle 26.

    Des dossiers d'aide sont montés par la commune et l'ONF Quatorze ans après, les stigmates de cette catastrophe s'estompent doucement, et la forêt reprend ses droits. La tempête Lothar a été riche en enseignements pour les acteurs de la forêt et la sylviculture. Elle a également modifié l'écosystème forestier, et la filiaire bois : mise à disposition d'un important matériel ligneux, rajeunissement des peuplements forestiers, également ouverture des peuplements et modification des habitats.


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