Blason de Lutzelhouse

Archives de la mairie de Lutzelhouse

Jean LEHN, un enfant du pays
Le temps, le temps, ...
Présent, passé,
L'horloge qui donne le temps qui passe,
Qui indique, par des sons de cloches les heures de la journée,
Les bons et les mauvais moments de la vie.
Les sons des cloches qui font pleurer de joie,
Armistice de 14/18, de 39/45, mariages baptèmes,
Ceux qui angoissent, tocsin, glas ...
Les reponsables de la bonne marche de la pendule de l'église de Lutzelhouse devaient toutes les semaines veiller à ce que les aiguilles du clocher indiquent l'heure exacte, et surtout remonter les poids avec une manivelle et de l'huile de coude.
Je vous parle de Jean Lehn, l'enfant du pays.
Jean Lehn né en 1901, fut appariteur et garde-champêtre depuis l'année 1936, et ce, jusque l'âge de 65 ans. Il est décédé prématurément à 67 ans.
Son rôle alors très important dans le village : des cloches au chauffage de la Mairie, des écoles au déblaiement de la neige, jusqu'à la diffusion des informations aux habitants.
Sa fille Nicole, était montée au clocher avec son papa, lorsqu'il y avait un mariage ou un baptème.Elle était impressionnée lorsqu'il carillonnait à ces occasions. Agée de huit à douze ans, elle disait de son père qu'il ressemblait à un polichinelle, en alsacien un "hampelmann".
Joueur de cordes avec ses deux mains et ses deux pieds, il interprétait des mélodies comme Frère Jacques, ou encore Au clair de la Lune. Il tirait sur les cordes des cloches avec ses mains nues pour faire sonner le tocsin et annoncer les messes, sans oublier l'angélus du matin à 5H30 ... jusqu'au jour où tout fut électrifié et automatisé.

Ce mécanise, qui a été entièrement rénové par une équipe de bénévoles, Charles Chimitt-Lutz, Michel et André Heinrich, Patrick Lutter, est visible à l'arrière de l'église, côté droit. Merci à cette équipe qui a su donner une nouvelle vie à ce mécanisme. Voilà comment cela se passait, il y a à peine plus de soixante ans.
Quant à l'horloge, de marque Ungerer, elle fut fabriquée en 1889, enregistrée sous le n°4. Elle sonnait les quarts sur deux cloches et les heures sur la plus grosse cloche, entraînant les quatres cadrans au sommet du clocher. Les cadrans étaient d'un diamètre de 1,10 mètre, avec un système de cadre pour actionner les aiguilles. Le remontage électrique automatique fut installé en 1952, libérant Jean Lehn de cette tâche.

Arrêté du Maire Autorités locales
La lecture d'un arrêté municipal ou de tout autre document officiel, qu'il émane d'une collectivité locale ou de l'Etat, peut parfois être très délicate. En effet, au formes administratives dont le style est frugal, s'ajoute souvent des renvois à des textes inconnus et encore moins clair que le document lui-même...
Le profane qui s'aventure à ce genre de lecture peut donc très vite avoir le sentiment de déchiffrer de véritables hiéroglyphes égyptiens et renoncer à parcourir un document qui lui est pourtant opposable.
Il fut toutefois une époque où ces mêmes écrits adoptaient une structure moins formaliste et une rédaction quelque peu plus personnalisée.
En témoignage ce texte issu des archives municipales.
L'industrie cotonnière
L'industrie cotonnière s'est établie dès la fin du 18 ème siècle dans la haute vallée de la Bruche. (Ban de la Roche).
C'est John Heywood qui réussit à quitter l'Angleterre en dissimulant le plan des machines dans sa cravate.
Ainsi pourvu il gagna la France en 1806. Après de nombreux périples il créa de ses mains dans une forge aux environs de Schirmeck une machine à filer appelée "Mule Jenny".
En 1836 Heywood se lia avec un nommé Seillère et les deux hommes fondèrent la sosiété Seillère, Heywood et Cie dans laquelle prit place Mr Georges Scheidecker.
La même année cette société créa à Lutzelhouse une grande filature de 15000 broches et à Muhlbach un tissage de 400 métiers.
Geoges Scheidecker fut le conducteur de l'usine c'est à lui que revient sa construction. Son fils Léon lui succéda. les installations de Lutzelhouse et Muhlbach furent agrandies et le siège de la société qui se trouvait à Labroque fut transféré à Lutzelhouse.
Cette société prit le nom de " Société par actions Scheidecker-de Régel" . Par la suite et jusqu'à sa fermeture la société fut nommée "Sincotex". Hélas la filature de Lutzelhouse fermera ses portes en 1965, le tissage en 1968.
Etre ouvrier dans la vallée de la Bruche en 1907 signifiait dans 70% des cas travailler dans le textile.
En 1907 le textile emploie dans ses usines de Lutzelhouse, Muhlbach, Schirmeck et Labroque, 3086 ouvriers travaillant sur: 32000 broches, 1000 métiers. Ce bassin d'emplois laisse rêveur.
Gain journalier en 1901 pour ouvriers de + de 16 ans 2.50 à 3.75 F Pour ouvrier de - de 16 ans 1.80 F
Lutzelhouse-Muhlbach employaient dans leurs usines en 1907: 1128 personnes. 1965 marquait la fin de ces emplois assurés depuis plusieurs générations.

Les archive de la commune.
Ce document des archives de la commune enregistre une vente par adjudication de cerises sur arbres... Autres temps, autres moeurs !
Quelques extraits :
1- Les cerises seront adjugées en un seul lot.
2- L'adjudicataire sera responsable des dégradations qui pourraient être causées aux arbres.
3- Il existe parmi ces cerisiers un arbre dépérissant qui fait partie de la vente, à charge pour l'adjudicataire de le remplacer par un jeune cerisier.
4- Il fournira bonne et solvable caution.
5- La présente ne sera valable qu'après l'approbation de Monsieur le Préfet.
Qu'il était beau le temps où le Préfet suivait les ventes de cerises sur pied à Lutzelhouse !
Finalement, c'est François Wirth garde champêtre dans la commune, qui fut adjudicataire pour la somme de 30 Francs, et cautionné par Alexis, cantonnier de son état...

Lorsque nos maisons murmurent le passé ...
Construite en 1894, à une époque où la route traversant le village n'était encore qu'un chemin empierré, c'était la dernière maison en direction de Wische. Ensuite se succédaient champs et vignes qui donnaient un médiocre vin aigrelet.
C'est Paul Heitz, imprimeur, qui la fit construire après sa destruction par un incendie.
Cette imposante bâtisse ne ressemblait à nulle autre de notre village, son style particulier nous faisait penser à la Suisse qui, à l'époque, nous semblait très lointaine.
Si nous revenons aujourd'hui sur le passé de cette singulière demeure, c'est parce que Marie Heitz y vivait. Née à Strabourg le 6 juillet 1886, elle fut influencée par l'oeuvre de son père, imprimeur éditeur qui détenait la plus ancienne imprimerie d'Alsace, propriété de la famille Heitz depuis 1792.De nombreux ouvrages y furent édités: histoire de la ville de Strasbourg, la dissertation du doctorat de Goethe, la bibliotheca romanica (petite édition classique de français, espagnole et italien)...
Emile Heitz, le grand-père de Marie, professeur de latin et de grec, enseigna à l'université de sa ville natale. C'est ainsi que la jeune fille baigna toute son enfance et son adolescence dans ce milieu studieux. A partir de 1905 elle continua ses études au collège protestant "Bon Pasteur" qu'elle qualifiait encore à 93 ans de "très sévère et pieux".
Cet établissement fut créé par sa marraine Lucie Berger, dont le nom est toujours attaché à une école strasbourgeoise. Au cours de la première guerre mondiale, Marie trouva sa vocation dans les travaux sociaux.
Elle fonda en 1927, sans subvention aucune, un organisme d'entraide sociale. Au décès de son père en 1943, elle reprit la propriété sise au n° 153 de la rue principale. Ce retour à Lutzelhouse, lieu de ses vacances d'enfance, fut pour elle l'occasion de recevoir de nombreux hôtes venus la consulter. La topographie des hauteurs autour du village n'avait pas de secret pour elle. Une autre de ses passions: les églises romanes d'Alsace.
Amie de Monseigneur Muller Simonis du Mullerhof, elle fut une pionnière de l'oecuménisme, étant parfaitement consciente de l'importance primordiale de la tolérance entre chrétiens.
Cette retraite active dura une trentaine d'années au cours desquelles elle passait ses hivers en Suisse, jusqu'au jour où elle dut quitter Lutzelhouse pour la maison de retraite du Neuenberg à Ingwiller. C'est là qu'elle s'éteignit paisiblement le 25 novembre 1980, à l'âge de 94 ans. Elle repose au cimetière protestant de Lutzelhouse.
Source: extrait de gens de mon village. ''Souvenir de Mme Thilde Hallich, nièce de Marie Heitz''

Marche à suivre pour l'ouverture d'un débit de boissons en 1852 ...
Le second Empire connaît une administration très pointilleuse, le fonctionnement et la mise en place dans nos communes pour toute demande d'auberge et de restaurant étaient soumis à l'autorisation du Maire, ce qui est évident, mais aussi à celle du Juge de paix de l'arrondissement auquel la demande était transmise. Le sous-préfet tenait compte de ces deux avis avant d'en référer au préfet du Bas-Rhin qui seul décidait de la suite à donner.
A Lutzelhouse le dossier concernant les demandes d'ouverture ou de transfert de débit de boissons est volumineux, en effet, entre 1852 et 1867, plus de 22 demandes figurent dans la liasse venant de Lutzelhouse même du Heydé, et de Netzenbach commune de Lutzelhouse.
Dans le lot des feuillets conservés, outre la liste des demandeurs (Brix Michel, Helbling Louis, Herman Xavier, Prevot Alexis, Berton Joseph, Berchit Jean-Batiste, Eigle Michel, Steinglin Antoine, Herry Florent, Gerard Netzenbach ...)
Je me propose de vous soumettre quelques requêtes, accordées ou refusées, qui éclairent d'un regard nouveau la vie de Lutzelhouse au milieu du 19ème siècle.
Monsieur Brix Michel, aubergiste à Lutzelhouse, trop à l'étroit dans le lieu de commerce qu'il exploite fait demande au Maire de bien vouloir l'autoriser à transférer son exploitation.
2 Novembre 1856 :Courrier du maire au préfet.
J'ai l'honneur de vous exposer que la maison qu'habite monsieur Brix est trop étroite pour contenir le produit de sa culture, qu'il est propriétaire d'une autre maison plus vaste et plus commode pour son commerce.
Il vient vous supplier de l'autoriser à transporter son auberge dans sa nouvelle maison qu'il est intentionné d'habiter.
3 Novembre 1856 : Lettre communiquée au juge de paix.
14 Novembre 1856 : Lettre du juge de paix au préfet.
Lettre sévère faisant ressortir que monsieur Brix est trop commerçant, rendant de multiples services (rédaction d'actes sous seing privé, ...) afin d'accueillir le chaland dans son débit : les avis et les conseils donnés à profusion, pouvu qu'il fixe les consommateurs dans son cabaret.
Il serait opportun de le lui faire sentir, lui qui jouit de l'estime de ses concitoyens et de prendre du recul ...
18 Novembre 1856 : Lettre de Brix Michel à monsieur le préfet : dans le courant du mois d'octobre j'ai pris la liberté de vous adresser une demande tendant à obtenir la transfert de mon auberge dans une autre de mes maisons. Deux kilomètres l'éloigne de celle que j'habite, la j'y suis étroitement logé, surtout mes récoltes et le bétail.
22 Novembre 1856, lettre transmise au juge de paix qui semble décisive puisque le 8 Décembre 1856 le transfert est accordé par monsieur le préfet.
Moins chanceux est monsieur Helbling Louis, qui le 12 avril 1858 s'adresse au préfet, le commissaire de police en prenant connaissance le 23 avril. Monsieur Helbling ancien militaire jouit de l'estime publique, mais le commissaire craint que l'ouverture d'un cabaret à l'extrémité du village avec surveillance difficile en raison de l'éloignement cause problème.(lieu Heydé)
12 Juin 1858 : rejet de la demande par monsieur le préfet.
Ainsi chaque demande est étudiée, et en 1858 sept cabarets sont largement suffisants pour une population de moins de 1500 habitants. (le préfet se réfère aux nouvelles instructions ministérielles). Tout est recommencement, ceci est l'un des secret d'archives.

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