- LUTZELHOUSE - 
Vallée de la Bruche

La vallée de la Bruche est bordée de villages pittoresques, appartenant d'une part, au canton de Molsheim, citée Alsacienne à l'histoire et au patrimoine (voir détail) riches et variés. Berceau de " Bugatti " dont les nombreuses victoires exportent le nom de la ville dans le monde entier.
D'autre part, au Canton de Schirmeck, ancienne ville fortifiée où sera érigé prochainement le " Mémorial de l'Alsace Moselle "
Nous citerons Niederhaslach qui abrite une des plus grandes scieries d'Europe sur deux sites le deuxième étant à Heiligenberg. A Niederhaslach, vous découvrirez la magnifique Collégiale St Florent du XIIIè-XIVè et XIXè siècle, chez d'œuvre de l'art gothique. La maison forestière de Haslach a été construite à l'intention de Guillaume II, pour les grandes parties de chasse.
Urmatt, charmante bourgade abrite également une scierie.
Lutzelhouse et Mulbach sont situées de part et d'autre de la Bruche. Le château du Mullerhof (1840), construit par M.Muller, fondateur d'une usine textile, abrite maintenant une école privée de jeunes filles.
A Lutzelhouse on peut encore voir une ancienne forge, désormais propriété de la commune, qui conserve de nombreux outils et accessoires relatifs au métier de forgeron et maréchal ferrand.
Dans l'annuaire du Bas Rhin de 1846, il est intéressant de lire l'évolution prise par Lutzelhouse, ce petit joyau s'ouvrant dans un écrin de verdure, situé au carrefour de la vallée de la Bruche et de la Hasel.

Dans la charte de Charlemagne du 7 mars 773, la Commune d'Urmatt est nommée Casa Rumaldi, ensuite est situé le village Paphinis-Naïda, lequel ne peut–être que Lutzelhouse, puisqu'il n'y a aucun lieu habité sur la route alors nommée Strata Regia, depuis Urmatt jusqu'au ruisseau de Wisches indiqué comme frontière et qui au moment de l'écrit en 1846, l'est encore.
A l'entrée du village, côté Urmatt, se trouve le lieu-dit Heydé. La rue Heydé existe toujours actuellement. Donc, dans ce canton Heydé, se trouve une petite chapelle ( appelée aujourd'hui St François ainsi qu'une date, ce sont malheureusement des erreurs commises par la personne qui a rénové cette chapelle située sur son terrain , je lui avait donné le nom du propriétaire de l'époque soit la Famille François et la date à laquelle cette chapelle figurait sur un plan, et ainsi l'erreur fut en place, le propriétaire confondant renseignements et historique.) Regrettable, car près de cette chapelle aboutissait et se confondait avec la route actuelle une partie de l'ancienne voie Romaine, nommée ensuite Strata Regia.

A la sortie de Lutzelhouse, en direction de Wisches, sur la droite, on aperçoit une chapelle votive construite en 1920, dédiée à Notre Dame du Bon Secours, en accomplissement d'un vœu fait en 1917, sous la menace d'évacuation. Une croix des Missions veille tout près du porche. Des croix votives, Lutzelhouse comme tous les villages aux alentours en possède. Une très ancienne se trouve rue de la Fontaine, à la hauteur du n°32, curieusement placée pratiquement au sol, elle veille là depuis 1736.

Il ne peut y avoir aucun doute, l'existance de Lutzelhouse remonte à l'antiquité. Luzelhouse était Eglise–Mère, car sa paroisse dont le prévôt du chapitre était collateur s'étendait autrefois sur Muhlbach, Wisches, Hersbach, elle fut agrandie entre 1725 et 1730. En 1756, un incendie la détruisit entièrement. Elle fut reconstruite sous Louis XV en 1768, non pas dans les proportions actuelles, mais petite, voûtée et obscure. Au cœur de la révolution (1793), l'abbé Robin tint lieu de prêtre et d'officier d'état civil, on retrouve sa signature lors de l'élaboration d'actes d'état civil de cette époque.

Laissons un instant ces faits historiques, nous voilà au milieu du 19ème siècle, l'industrialisation bat son plein. Lutzelhouse compte alors 1580 habitants en 1846.
S'il est un site qu'il faut nommer : ce sont les usines Kettler, les anciennes filatures avec sa grande cheminée aux pieds du domaine des industriels, le parc et le château Scheidecker, qui sont les seuls sites à avoir conservé le reflet du passé de cette période florissante. A signaler que la maison de chasse, les écuries, le parc, son étang, son canal, tout est resté en témoins muets d'un passé si proche.

A l'exposition universelle de 1895 la maison Scheidecker, De Regel expose fièrement de merveilleuses soiries aux couleurs chatoyantes. Des tissus de laine, de coton, des nattés etc... De quoi combler les grands couturiers.
Le détour par la rue du lavoir laisse le passant ravi et rêveur. Autre spécificité de Lutzelhouse sur les rues nommées, sont des rues portant le nom de lieu–dit, que l'on retrouve dans le cadastre Napoléonien de 1847.

Dans notre forêt au lieu dit Kappelbronn se trouve un magnifique séquoia, celui–ci a été planté par Monsieur Butze alors garde forestier à la Maison Forestière du Kappelbronn, son petit Louis jouait à cet endroit. Il mourut hélas à l'àge de 4 ans de la diphtérie (le croup) , en sa mémoire son papa planta ce très bel arbre. Un identique se trouvait au cimetière de Lutzelhouse jusqu'en 1976 sur la tombe de l'enfant, il n'en reste plus qu'une énorme souche, en haut à droite de la Chapelle Scheidecker. La Municipalité avec le concours de l'ONF en fit planter un à l'extérieur du cimetière, ainsi qu'à l'entrée de la forêt (1977-1978).
Les séquoias de l'époque avaient été amenés par l'Oncle de l'enfant, prêtre au grand séminaire à Monaco en 1896.

La chapelle de Lutzelhouse construite en 1920. Si les anciens du village tiennent beaucoup à cette chapelle qui fait partie de leur patrimoine, c'est parce que leurs parents l'ont fait construire après la première guerre mondiale.
Entièrement en grès des Vosges, surmontée d'un clocheton, elle est dédiée à " Notre Dame de Bon Secours ". La petite nef, surmontée d'un plafond en bois, est éclairée par six beaux vitaux offerts à l'époque par des bienfaiteurs, tous prêtes.
Derrière l'autel, on peut lire cette inscription gravée dans la pierre: " Le 19 juin 1921, Mgr Ruch, évèque de Strasbourg, à béni cette chapelle dédiée à Notre Dame de Bon Secours, par la pièté et la reconnaissance des fidèles de Lutzelhouse à la suite d'un vœu fait en 1917 sous la menace d'évacuation.".
Les paroissiens s'y rendaient chaque année en procession le jour de l'Assomption. Des messes y étaient célébrées occasionnellement.
Puis, à partir des années soixante, la circulation devenant trés difficile, la chapelle fut fermée.

Les autres faits demeurent inchangés: Armagnacs etc...(se reporter à la parution de R.Heinrich avec la Sté d'histoire de Mutzig-Molsheim)
Au cimetière communal repose un grand résistant: Monsieur Birette Charles, né au 32 rue de la Fontaine le 11/04/1895, ce lieutenant fut fusillé avec 21 de ses camarades à la cascade du Bois de Boulogne, rue de Villemonble / Seine St Denis, hommage au souvenir de ce grand résistant et de son sacrifice pour la France en 1940.

Concernant le blason de Lutzelhouse, nous n'avons rien trouvé, je me permets de joindre un petit récit pour l'illustrer.Sans doute a-t-il été choisi par les "bourgeois" de Lutzelhouse lors du passage d'un "colporteur" sous Louis XIV.
Pour terminer une interprétation du blason de Lutzelhouse.

Cette évocation de Lutzelhouse à été réalisée par Madame Josette Brunissen, Vice-Présidente ESSOR, avec consultation des travaux de recherches de A.Kientzler.

Songe de Printemps

A l'aube d'un de ces matins où le ciel vous surprend par sa pureté et son éclat , un de ces matins où les arbres deviennent écrin d'émeraude tant leur transparence semble irréelles , les digitales , les fougères , les bruyères et les genêts vinrent me conter ...
Il était une fois... il y a de cela bien bien longtemps, un merveilleux jardin rempli de fleurs, d'herbes folles et d'oiseaux.
Les sapins y étaient nains, les rochers y étaient coquillages, la rosée y était rivière...
D'adorables petites fées y vivaient tissant les fils argentés de la vigne vierge, se balançant aux aiguilles des pins, chevauchant écureuils et lapins. Elles étaient espiègles à souhait, défiant par leur grâce et leur sourire Rodolphe, Ottillon et Théodule habitant le château voisin. La brise m'a confié qu'ils étaient très grands et que d'un bond ils enjambaient plaine ou vallée; la brise, plus doucement encore m'apprit que rien ne ravissait plus leur cœur de géant que la vue de leurs adorables petites amies qu'en secret ils aimaient.
Voici une toute simple et belle histoire pensais-je, les temps ne changent guère, pourtant je restais rêveuse.
Ecoute, écoute, me dit le vent...
Mathurine, n'est que grâce, fraîcheur et tendresse. Aujourd'hui c'est la fête, elle à vingt ans. De toutes les sentes arrivent carrosses enrubannés, les tables sont dressées, l'on danse, danse, l'azur est rempli de parfums, de gaité.
Mais où sont donc Rodolphe, Ottillon et Théodule ?... Ils ont tout simplement oublié, s'amusant à pourchasser laboureurs et bûcherons, les transportant d'une plaine à l'autre, innocemment et heureux.
Le soir arrive, la fête bat son plein, le ciel est rempli d'****, la lune brille. Mathurine est lasse, elle se prend à songer à son ami, le géant, et son ami le géant songe à elle...
Que faire ? c'est la nuit, les fleurs sont endormies, les oiseaux silencieux, plus d'écureuils ni de lapins et Mathurine a vingt ans et Ottillon a oublié...
Que faire?...écoute, écoute lui dit le vent... D'un bond Ottillon se dresse, arrache un morceau de ciel, l'enroule, bondit et aux pieds de Mathurine déroule... un merveilleux tapis d'un bleu profond où scintillent deux étoiles d'or et un croissant de lune.
Mathurine c'est pour toi,... Ottillon c'est toi,...
Murmurant le vent me dit :
Ecoute, écoute...
deux étoiles et un croissant de lune...

Josette Brunissen - Uberal

"Songe de printemps" , version imaginaire de l'origine énigmatique des armoiries de la Commune de Lutzelhouse.


Wisches et Russ développent chacune une zone industrielle qui dynamise le secteur.
Nous évoquerons brièvement Natzwiller qui a le triste privilège de posséder le seul camp de concentration en France, comptant une chambre à gaz et qui été ouvert en 1914. Il s'agit du « Struthof »
Certes, l'industrie textile très florissante autrefois a pratiquement disparu; mais grâce à la «Voie Express », la jolie Vallée, blottie entre les collines boisées, où bouillonne et serpente la Bruche, connaît un développement industriel et touristique.
Les forêts qui servent d'écrins à tous ces jolis villages, abritent une faune riche et offrent d'agréables randonnées.

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